L'alimentation selon le Yangsheng

L’alimentation est un élément fondamental du Yang Sheng et de la médecine traditionnelle chinoise. C’est une sagesse multimillénaire. 3000 ans avant JC, l’empereur jaune disait « ceux qui ne savent pas manger ne savent pas vivre. » Elle correspond à un bon comportement et à une hygiène de vie favorable à la santé et ainsi à la longévité. Tout d’abord, le choix des aliments n’est pas anodin, notamment en ce qui concerne leur qualité et leur vitalité. Il faut au maximum privilégier les produits de saisons, et de production locale, et éviter tous produits de production industrielle. Il est inutile de préciser, tant il est évident, que les animaux élevés en batterie, les cultures hors-sol, plats surgelés, engrais chimiques, et pesticides divers et variés, nuisent à notre santé et au bien de notre planète. Consommer de tels produits est inconcevable au Yang Sheng.

De plus,plusieurs éléments sont à prendre en compte. En effet, selon les principes de la médecine chinoise, les aliments se classent selon plusieurs catégories. Tout d’abord selon leur nature, c'est-à-dire s’ils sont Yin ou Yang, de nature froide, chaude ou neutre. Et chaque nature possède des vertus médicinales et thérapeutiques.

Les fruits bons pour la santé

 

Les aliments de nature froide (Yin), refroidissent le corps et ralentissent les fonctions organiques. Il convient de les consommer par temps chaud, ou par signe de chaleur dans le corps : fièvre, soif excessive, teint rouge, constipation, agitation, irritabilité, éruptions cutanées rouges, états inflammatoires. Il convient dans ces types de cas d’éviter les aliments de nature chaude. Exemples d’aliments de nature froide : tomate, canard, lapin, blanc d’œuf, crabe, kiwi, melon, pamplemousse, pastèque, asperge, aubergine, céleri, champignon de Paris, chou, concombre, épinard, laitue, radis cru…

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Les légumes bons pour la santé Au contraire, les aliments de nature chaude (Yang) réchauffent l’organisme, stimulent les fonctions vitales et augmentent le métabolisme. Il convient de les consommer par temps froid, ou signes de froid dans le corps : frilosité, mains et pieds froids, refroidissement dû au climat… Mais ils conviennent également en cas de ralentissements des fonctions du corps, comme la lenteur et la lourdeur digestive, ou même la fatigue. Exemples d’aliments de nature chaude : ail, cèpe, fenouil, oignon, châtaigne, litchi, noix, pêche, crevette, agneau, poulet, jaune d’œuf, café, cannelle, clou de girofle…

  • Les aliments à caractère neutre quant à eux, sont indifférents lors de maladies à caractère froid ou chaud. Il s’agit par exemple de la carotte, de chou, d’haricot vert, de pomme de terre, de riz, d’ananas, de figue, de prune, de carpe, de pigeon, de porc ou encore de lait de vache.

 

la relation entre les cinq éléments et l'alimentation

 

 

Les aliments se classent également selon leur saveur. Les 5 saveurs sont l’acide, l’amer, le doux, le piquant et le salé. Chacune possède un impact sur l’organisme, tout comme la nature des aliments. De plus, il faut ajouter que chaque saveur correspond à un organe sur lequel elle agit de façon plus spécifique, car consommée en quantité modérée, elle nourrit l’organe. Ainsi, l’acide est associé au foie, l’amer au cœur, le doux à la rate, le piquant au poumon et le salé est associé aux reins. Cependant, consommer avec excès l’une de ses saveurs, amène au dysfonctionnement de l’organe et provoque des troubles de l’organisme. Il est conseillé lors des repas, de consommer de chaque saveur et de respecter ainsi l’équilibre.

· La saveur acide tend à retenir ce qui ‘échappe du corps de façon pathologique ou excessive. Ainsi, les aliments de la saveur acide sont souvent utilisés pour aider à arrêter les diarrhées, la transpiration incessante, les leucorrhées, les hémorragies, les toux, provoqués par une déficience de l’organisme. La saveur acide est associée au foie, qui lui est associé aux tendons, aux muscles et aux yeux. Ainsi, une consommation modérée de saveur acide tonifie le foie, nourrit les tendons et les muscles et permet de conserver une bonne vision. A l’inverse, une consommation insuffisante ou excessive d’aliments acides entraîne une perturbation du foie, et provoquant tendinites et crampes. Exemples d’aliments acides : tomate, abricot, cerise, fraise, kiwi, mandarine, orange, pamplemousse, pêche, pomme, prune, raison, vinaigre, viande de cheval…

· On attribue à la saveur amère plusieurs propriétés. Elle évacue la chaleur se manifestant en excès dans le corps : teint rouge, inflammations oculaires, aphtes, éruptions cutanées, constipation, cystites, soif excessive, insomnie, agitation, irritabilité, colère… La saveur favorise les fonctions du cœur et de l’intestin grêle et stimule également l’estomac. Consommer trop ou trop peu de ces aliments amène également à des dysfonctionnements de ces organes. Il est important de préciser que cette saveur tend à assécher le corps. Exemples d’aliments amers : poivron, endive, asperge, cèleri, chicorée, laitue, scarole, foie d’agneau, de mouton, de poulet…

· La saveur douce nourrit, tonifie et humidifie. Elle agit comme un fortifiant, et favorise la production de l’énergie, du sang, et des liquides organiques. La plupart des légumes et des céréales sont des aliments doux, ils sont riches en sucre lents et ont un riche apport énergétique, le lait et de nombreux fruits le sont également, ils humidifient l’organisme et apaisent la soif. La saveur douce a également pour effet de relâcher les tensions, notamment lors de stress émotionnel, comme les aliments sucrés, elle atténue les spasmes et soulage les douleurs, tout comme le sucre de canne dans le cas de douleurs abdominales ou de douleurs de règles. La saveur douce est associée à la rate et à l’estomac, la consommation modérée de saveur douce tonifie et harmonise les fonctions digestives. Si l’on consomme avec excès des aliments doux ou sucrés, cela peut amener au surpoids et à l’obésité, mais également à des troubles du transit, à l’hypoglycémie et à l’hypercholestérolémie. Exemple d’aliments doux : carotte, champignon de Paris, fenouil, patate douce, pomme de terre, potiron, tomate, pois cassé, petit pois, blé, maïs, millet, riz, agneau, bœuf, caille, canard, porc, poulet, œuf, lait…

· La saveur piquante est extériorisante, c’est-à-dire qu’elle amène l’énergie et les liquides vers la surface du corps, vers la peau. Ainsi, elle induit la transpiration. De plus, la saveur piquante est dispersante, c’est-à-dire qu’elle fait circuler l’énergie (qui à son tour peut faire circuler le sang et les liquides organiques). On la consomme donc notamment en cas de stagnation d’énergie (oppression de poitrine, distension abdominale, douleurs de l’épigastre et de l’abdomen, soupirs fréquents, irritabilité, douleurs articulaires, par exemple) ou en cas de stase de sang (douleurs en coup de poignard dans la poitrine ou l’abdomen, douleurs des règles, douleur traumatique, certaines migraines par exemple). En petite quantité, cette saveur tonifie le poumon et le gros intestin, mais en excès elle disperse et affaiblit leur énergie. Exemples d’aliments piquants : ail, céleri, ciboule, fenouil, oignon, radis cru, aneth, coriandre, gingembre, menthe, muscade, origan, piment de Cayenne, poivre noir, etc.

· La saveur salée assouplit, ramollit ce qui est dur, et disperse les indurations. D’un point de vue plus médical, elle a la propriété de ramollir ce qui est anormalement dur comme les kystes, nodosités, goitres, lipomes. Un exemple en est l’action de certaines algues pour aider à traiter le goitre. L’eau salée a une action intéressante en cas de constipation, car elle ramollit les selles et favorise leur évacuation. Consommer une petite quantité de cette saveur salée nourrit l’énergie des reins. Mais un excès de cette même saveur affaiblit les reins et les os, et a une action défavorable également sur le cœur. Il est donc déconseillé de manger salé en cas de troubles rénaux ou cardio-vasculaires. Exemples d’aliments salés : algues, avoine, orge, crabe, crevette, huître, moule, poulpe, viande de canard, de pigeon et de porc, sauce de soja, sel de cuisine, etc.

Lors de la préparation des aliments, il est important de considérer la cuisson avec attention, car il faut au maximum préserver la vitalité des aliments. Les aliments crus offrent un maximum de qualité mais sont difficiles à digérer. Les aliments cuits quant à eux, sont plus digestes mais perdent une partie de leurs propriétés. En tant que compromis, il est préférable de privilégier la cuisson à la vapeur, ou à l'eau. De plus, lorsque les aliments sont cuits directement au feu (barbecue, grillades), ils se recouvrent de résidus de combustion très toxiques qu’il ne faut pas consommer.

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